jeu 30 décembre 2010

Édito

CGA

Au-delà, de la déception, de l'écœurement et de l'amertume, il faudra bien tirer les leçons de l'échec du mouvement social contre la réforme des retraites qui a surgi en cette rentrée 2010 (cf. article p 8 & 9).

C'est à coup sûr un bilan en demi-teinte car on y a vu des réflexes autogestionnaires cohabiter avec leur propre antithèse : la délégation de pouvoir. Et, si la répression n'est pas pour rien dans cet échec, nous devrons nous interroger sur les façons d'agir qui ont fait peur à la classe dominante et celles qui l'ont rassuré afin de faire le tri et de convaincre toujours plus de travailleurs et de travailleuses que la prochaine bataille devra être résolument autogestionnaire pour être gagnée. Toutes les batailles contre les injustices ont d'autant plus de chances d'être remportées qu'elles sont autogestionnaires, c'est à dire contrôlées par la base.

On l'a encore vu dans ce mouvement, sans la poussée de la base, qu'elle soit syndicale ou non d'ailleurs, jamais nous n'aurions pu entrer dans une dynamique de grève reconductible. Pour autant, cette grève reconductible sentait trop l'improvisation. En définitive, elle n'aura été qu'un réflexe de légitime défense et non pas la mise en acte d'une offensive longuement préparée à l'avance. Hors, l'absence de caisses de grève constituées en amont et pire encore, le discours permanent selon lequel l'objectif ne peut être que d'obtenir des négociations entre le Pouvoir et les directions syndicales, explique pour l'essentiel l'échec du mouvement... A trop attendre des négociations orchestrées par l'oligarchie syndicale, patronale et étatique, nous avons perdu du temps et de l'argent ; précieuses ressources pour organiser une grève digne de ce nom. Ce mouvement et son échec montrent une fois de plus que le syndicalisme doit de toute urgence renouer avec ses fondamentaux comme par exemple l'alimentation permanente de caisses de grève interprofessionnelles qui nous donnerait la force de pouvoir déclencher un mouvement de grève réellement générale à tout moment, et donc... au meilleur moment ! Oui, une fois de plus, on voit dans ce mouvement que ce sont les réflexes qui tendent vers les pratiques anarchistes qui lui ont donné ses atouts et que ce sont les vieilles habitudes hiérarchiques qui ont été ses points faibles.

Les crapules qui nous gouvernent reculeront quand nous n'attendrons réellement plus rien d'elles, quand nous nous organiserons nous-même. Commençons par le commencement et réapproprions-nous nos outils de défense : autogérons nos syndicats !