mar 1 juillet 2008

Crise alimentaire: les riches font des profits, les peuples ont faim!

IAL

Ces dernières semaines, plus de 35 pays du sud ont été touchés simultanément par des "émeutes de la faim". Malgrès les progrès techniques et de savoir faire agricole, des millions de personnes souffrent et meurent encore de malnutrition. Ces révoltes spontannées sont du aux fortes augmentation des prix des nourritures de base au niveau mondial (riz, blé, etc.). Ces augmentations touchent dramatiquement les pays pauvres où 75% des revenus sont utilisés pour se nourir, contre 15% dans les pays riches. Et d'après l'ONU notamment, ces hausses vont se poursuivrent. La crise actuelle met en danger 100 millions de personnes en plus des 850 millions souffrant déjà de malnutrition...Une fois encore, le système capitaliste et sa mondialisation prouvent qu'ils sont incapable de répondre aux besoins fondamentaux des êtres humains alors que la planète peut fournir de quoi nourrir 12 milliards de personnes selon des estimations.

 

Il y a trois principales raisons à cette nouvelle "crise alimentaire". Tout d'abord, suite à la crise des subprimes, les spéculateurs se sont replié sur le marché des denrées alimentaires faisant mécaniquement monter les prix. Ensuite l'apparition du nouveau marché des agrocarburants (pour remplacer le pétrole) cré une concurrence directe avec la production alimentaire. Il devient plus rentable pour les agriculteurs de produire pour faire rouler les bagnoles, que de produire pour nourrir les personnes. Enfin, le réchauffement climatique et ses catastrophes naturelles crés une instabilité des productions agricoles alors même que les régions qui sont les moins responsables de ces déréglements climatiques sont celles qui en subissent les plus graves conséquences. Il ne faudra pas être étonné quand les habitant-e-s de ces pays tenteront de trouver refuge dans notre Europe forteresse...

 

Les causes de cette "crise" mettent bien en évidence l'irrationalité de l'économie de marché mondialisé: on spécule et on s'enrichie sur de la nourriture, on importe de l'autre bout de la planète ce qu'on pourrait produire chez soi, on privilégie les transports individuels au transports collectifs...

Certaines régions touchés par les "émeutes de la faim" étaient autrefois autosuffisantes au niveau alimentaire. Haiti par exemple, paie fortement aujourd'hui les réformes qui lui ont été imposés par les institutions internationales auprès desquelles elle s'est endetté (FMI, Banque Mondiale, etc). L'abaissement des droits de douane a engendré l'apparition d'un riz moins cher sur l'ile venu de l'étranger. Les paysans haitiens ruinés ont donc arrété d'en produire et sont partis en ville à la recherche de travail. Et aujourd'hui, les haitiens n'ont plus de quoi acheter du riz importé...

Haiti, comme de nombreux pays pauvres est maintenu la tête sous l'eau par les politiques imposés par les institutions internationales ces 20 dernières années en particulier.

 

Nous, anarchistes, voulont changer radicalement de système. La production et la distribution de nourriture (entre autres) doivent être décidées et organisées par ceux et celles qui la cré et la mange. La nourriture doit sortir du système marchand et être distribué équitablement selon les besoins. Les usines et la terre doivent appartenir à ceux et à celles qui y travaillent. Les principes d'entraide et de respect de l'environnement doivent être au coeur de nos modes de productions et de ditributions.

 

Pour cela, nous devrons lutter. Ne comptons pas sur les élites économiques et politiques qui organisent et vivent de ce système criminel pour changer le monde. Les chefs d'Etat des pays riches se sont réunis début juin au sommet alimentaire de Rome. Biensur, ils n'ont pas remis en cause le système capitaliste qui cré les famines. Faire du profit reste le principe ultime de leur politique alimentaire. Ils ont promis 6,5 milliards de dollars pour aider les peuples affamés. Ces promesses de dons (rarement tenus) sont ridicules en comparaison au 1 339 milliards de dollars utilisés pour les dépenses militaires mondiales en 2007. Alors, il ne faut rien attendre d'eux... Ne comptons que sur nous. A Haiti, en Egypte, au Zimbabwe comme en France, seules la lutte et la solidarité paient!