lun 1 mars 2010

Copenhague: de l'incapacité d'agir

IAL

Le XXIième siècle s'est ouvert comme le siècle des catastrophes, et, symétriquement, celui des états d'exception permanents. La crise, le terrorisme, et maintenant le réchauffement climatique sont autant d'éléments qui permettent aux capitalistes de renforcer, via des « mesures d'exceptions », leurs contrôles sur les populations. Pour le pouvoir, il s'agit maintenant de surfer sur un phénomène réellement capitaliste, le dérèglement climatique, afin de faire de l'écologie un point de départ pour l'ouverture de nouveaux marchés.

 

Le COP 15 qui s'est réuni du 7 au 18 décembre dernier à Copenhague n'a été que l'illustration flagrante de ce mécanisme.

D'un côté on pouvait assister à la mise en place d'un dispositif quasi-totalitaire: des fouilles en pleine rue, aux hangars et, réquisitionnés pour nous arrêter, les milliers de flics contrôlaient un périmètre qui ressemblait plus à une caserne qu'à une ville. Avec le principe d' « arrestation préventive » voté juste avant le sommet, la loi, comme souvent, fut l'outil de la répression.

de l'autre côté des barbelés, les discussions entres ONG, scientifiques et représentants de 193 états n'en finissent plus de ne rien dire, et se terminent finalement sur un schéma qui a le mérite d'être clair: les pays riches et le patronat ont leur entrée quand certaines délégations des pays du sud ou d'ONG sont refusées.

Et pourtant, en face, la rue s'organise, avec tout ce qu'elle peut avoir de particularités, le spectre politique étant extrêmement large, allant d'un cortège de droite qui poussait une banderole où était marqué « respectez notre police » au black block qui avançait muni de banderoles de protection.

Le contre-sommet était, d'un point de vue logistique, bien organisé par les militants, différents bâtiments ayant été réquisitionnés pour héberger les militants (le plus grand accueillait jusqu'à 2000 personnes), ainsi que pour la mise en place des points infos, des structures légales et médicales ou encore des lieux de décision. Le problème est venu d'une répression qui a pris un caractère systématique. Le 11 décembre, rassemblement contre les entreprises qui prennent part au processus du COP 15, environ une centaine d'arrêtés sur 500 manifestants, le 12 décembre, manifestation de 100 000 personnes, la police attaque le black block, avant la moindre violence mais également les cortèges qui lui sont proches (dont celui de greenpeace), 1000 arrestations. Le 13, action de blocage du port, la police intervient et arrête en masse avant que les militants ne se rassemblent. La liste est encore longue.

Dès lors, la question n'était plus de réussir une action mais d'arriver dans un premier temps à se rassembler. Les flics se servant de la loi dite « d'arrestations préventives » pour arrêter tout le monde avant le moindre rassemblement. Les conditions d'arrestations étaient particulièrement dures, gardés au sol à -10° pendant des heures, enfermés dans une cage de 8 m2, sans eau ni nourriture, ni toilettes, ni possibilité de savoir pourquoi. Le constat est assez sombre, la répression empêchait toutes les dynamiques du contre-sommet, et c'est même finalement à l'intérieur des centres de détention que les plus grandes actions se sont faites. En effet, plusieurs mutineries ont éclaté, les murs et les portes des cages ont sauté, des bagarres avec les flics ont suivi, et quelquefois la police perdait le contrôle du lieu. C'est dire de la capacité d'action que nous avions.

 

Après ce constat, il est clair que se pose la question des stratégies au sein des contre-sommets et plus largement de la stratégie du contre-sommet. Premièrement, il faut dire que face à la répression, la marge de manoeuvre était relativement mince. Plusieurs points ont fait débat, notamment le fait que les actions, étant annoncées à l'avance pour favoriser le rassemblement du plus grand nombre et leur permettre de garder leur caractère politique, permettait en même temps à la police de préparer calmement la répression. Ce qui a pu poser également problème, c'est l'absence d'un camp, en effet les différents points d'hébergement ne permettait pas de faire des départs collectifs vers les lieux d'action, la police n'ayant du coup qu'à intervenir sur les lieux d'action avant que le rassemblement ne prenne une trop grande densité. Ensuite, pour ce qui est de l'intérêt du contre-sommet, le fait de s'opposer aux réunions des dirigeants politiques ou économiques mondiales garde un intérêt, puisqu'en effet la critique de l'état et du capitalisme reste présente à l'intérieur de cette dynamique.

La question est plus sur la forme à adopter pour concrétiser cette opposition: en effet, que pouvons-nous faire quand la répression est si forte?

Les réponses restent ouvertes, mais déjà deux pistes globalement font débat, soit il faut renforcer les stratégies d'action dans les contre-sommets et les adapter à la répression, soit il faut passer à une dynamique d'actions décentralisées.

 

En conclusion, rappelons que la meilleure des réponses face aux attaques mondialisées de la bourgeoisie et des états, reste la mise en place dés aujourd'hui, d'un processus révolutionnaire anticapitaliste et anti-étatiste, seul capable de résoudre le problème écologique.

 

 

Alexandre, groupe UAF