jeu 1 novembre 2007

Contre les inégalités et la criminalisation subies par les étranger-e-s, Résistance !

L'immigration ou plutôt les mouvements de circulation des populations sont d'abord liés aux inégalités de conditions de vie entre différents pays. Nous n'oublions pas que quitter l'endroit où l'on vit (et donc ses amis, sa famille...) n'est jamais un choix évident et est d'abord motivé par des persécutions ou des conditions d'existence de l'ordre de la survie.

En France, les politiques en matière d'immigration ont toujours répondu à des logiques économiques précises. En effet, si on retrace les grandes vagues d'immigration en France, on peut les superposer à des besoins historiques de travailleurs sous payés pour faire les « sales boulots ». L'État a toujours considéré les personnes dites étrangères comme une population utilisable et exploitable sans se préoccuper de leurs souhaits ou de leurs bien-être. Les inégalités liées à la nationalité commencent bien là puisqu'une différence a toujours été faite entre les français et les non-français mais aussi entre les étrangers, selon leur pays d'origine. En effet, qui se soucie aujourd'hui de l'afflux de personnes d'origine anglaise?


Depuis les années 70, l'arrêt du recrutement en masse de travailleurs à l'étranger a imposé le regroupement familial comme une des seules façons d'entrer légalement en France. Le fait de vouloir vivre avec sa famille est d'emblée soumis au regard de l'Etat français. Ceci a donc instauré un traitement inégal entre des personnes vivant sur un même territoire. Les « étrangers » ne peuvent pas librement faire le choix de vivre avec qui bon leur semble.

Les lois qui ont jalonné l'histoire de l'immigration répondent donc à un désir de contrôler une partie de la population française. Toutes ces lois ont également des effets pervers puisqu'elles diminuent l'accès aux droits d'une part de la population en fonction de leur origine. Par exemple, la récente loi CESEDA, votée en 2006, instaure qu'une personne de nationalité étrangère qui épouse un ou une français-e doit attendre 4 ans au lieu de 2 ans pour obtenir la nationalité française. Cette nouvelle directive a augmenté de façon considérable la soumission de certaines femmes étrangères qui doivent vivre avec un mari violent deux fois plus longtemps sous peine d'être expulsées si elles quittent le foyer conjugal. Ainsi, les femmes immigrées sont souvent soumises à une double injustice : des inégalités lièes à leur sexe et des inégalités liées à leur origine.

Aujourd'hui, il est de plus en plus compliqué de pouvoir entrer légalement en France. Les personnes d'origine étrangère sont toujours soupçonnées de ne pas vouloir « s'intégrer ». Le contrat d'intégration rendu obligatoire en est une illustration. Il instaure une inégalité de traitement puisque l'on demande à certain-e-s de s'engager à suivre des directives morales.

Le racisme d'Etat s'étend dans de nombreux domaines pour les personnes en situation de régularité. En effet, de nombreux emplois sont aujourd'hui exclusivement réservés aux personnes de nationalité française. Ceci, en plus de toutes les discriminations à l'embauche et à la formation qui perdurent pour des personnes de nationalité française mais qui sont fils, filles, petits-fils, petites-filles d'immigrés.

Avec les lois Hortefeux, les inégalités dans la liberté de pouvoir vivre avec les membres de sa famille sont accentuées. C'est l'Etat qui détermine et décide combien les personnes doivent gagner d'argent pour avoir le droit de vivre avec sa famille. Ceci, sans parler des tests ADN qui véhiculent des idées rétrogrades et moralistes d'une famille se définissant par le biologique.


Toutes ces politiques de contrôle de l'immigration n'empêcheront jamais des personnes d'essayer d'avoir une autre vie et de franchir les frontières. Ces lois qui s'empilent n'ont pour effet que de criminaliser les « sans papiers » et tous ceux et celles qui tentent de leur venir en aide. La chasse aux sans papiers fait rage et leur rend un accès aux besoins fondamentaux et aux droits de tout à chacun (logement, nourriture, santé, transport, école,...) de plus en plus compliqué....

En effet, à l'égard des sans papiers, la répression s'est durcie : des contrôles renforcés, déjà inadmissibles, aux rafles, c'est une véritable chasse à l'homme qui s'exerce aujourd'hui, où tous les moyens sont bons pour atteindre le fameux quota de 25000 expulsions avant décembre 2007. Pour cela, nous voyons se développer des procédés policiers dignes des plus sombres années vichystes ou qui rappellent le massacre d'octobre 61 ou de Charonne perpétrés par la police de Papon.

Ainsi, au mois de septembre, par un matin pas comme les autres, une agitation se produit rue Montesquieu dans le 7eme arrondissement de Lyon, devant l'hôtel du nom de la rue. A première vue, des familles, hommes, femmes et enfants montent dans un bus à enseigne touristique avec leurs valises et baluchons : départ en vacances ? Non, puisqu'en y regardant de plus près, les personnes les accompagnant sont des policiers et les « touristes » sont en réalité des sans papiers raflés dans cet hôtel miteux. Alors pourquoi un bus à enseigne touristique ? pour simuler un départ collectif en vacance, afin que les passants un peu trop curieux s'y trompent : aucun risque d'agitation ou d'attroupement autour de ce départ... La police ne veut pas de publicité ? Et bien nous allons en faire ! Dénonçons ces pratiques calculées et inhumaines qui n'ont pu naître que dans des cerveaux gangrènés de fascisme latent qui ne dit pas son nom. Dénonçons ces pratiques qui plongent toujours un peu plus les sans papiers dans la terreur de la traque policière et dans l'obscurité de la clandestinité.

Dénonçons par exemple cette volonté d'interdire pour les sans papiers l'accès aux droits les plus élémentaires, comme le droit aux soins en exigeant par exemple la présentation de la carte d'identité en même temps que la carte vitale dans les hôpitaux. Cela relève de la même logique que la tentative d'interdire l'accès aux logements d'urgence pour toute personne en situation irrégulière.

Dénonçons surtout cette étape franchie dans la barbarie lorsque le 9 octobre dernier, au collège Utrillo, dans le XVIIIème arrondissement de Paris, un policier se fait passer pour le CPE du collège et convoque des parents afin de leur tendre un piège. Ces derniers, se rendant à la convocation, sont arrêtés à la sortie du collège où les attendait la police

Dénonçons encore les contrôles d'identité faits devant des lycées par des policiers en civil sous prétexte de lutte contre les trafics supposés dans le quartier. Encore une fois, la véritable raison des ces opérations n'est jamais avouée : pourtant, il s'agit bien de banaliser une présence policière devant des lycées soigneusement sélectionnés afin de rafler des élèves sans papiers.

Et enfin, les anarchistes, hier comme aujourd'hui, dénonçons toujours toutes les manipulations tendant à nous rendre complices de collaboration et de délation. Ainsi, voit-on, lors d'une arrestation à domicile d'une famille sans papiers dans le nord de Lyon, la mobilisation des pompiers pour assurer la sécurité au pied de l'immeuble en cas de défenestration désespérée. Citons également toutes ces mesures imposées aux fonctionnaires pour les inciter à dénoncer tout usager sans papiers. A l'ANPE et aux ASSEDIC, depuis le 1er octobre, les agents ont reçu comme consigne de transmettre systématiquement aux préfectures copie des titres de séjour et de travail des demandeurs d'emploi étrangers pour vérification Les mêmes types de consignes ont été imposés aux inspecteurs du travail. De même, il y a peu de temps, la police a tenté d'exiger des directeurs de foyers de jeunes travailleurs la liste des résidents afin d'y débusquer les sans papiers...


Le gouvernement impose la lecture de la lettre de Guy Moquet en hommage à la résistance alors qu'il traîne en procès les militants qui ont fait preuve de soutien aux sans papiers ? alors, qu'il nous fasse confiance : contre ses pratiques de collaboration et de délation, nous opposerons résistance et désobéissance civile !

Groupe Kronstadt, Lyon