mer 25 juillet 2007

Communiqué loi d'autonomie des universités

CGA

Dès la rentrée luttons contre la loi dite « d’autonomie des universités »

La loi d’autonomie des universités que le gouvernement par l’intermédiaire de Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, entend faire adopter cet été, est présentée comme un des principaux chantiers de l’UMP. C’est plus par crainte d’un nouveau mouvement étudiant que par volonté d’être vite active que la ministre à l’intention de faire passer cette loi à l’Assemblée, en catimini pendant les vacances universitaires. Cette loi, déjà combattue victorieusement à deux reprises (en mai et en novembre / décembre 2003 sous Luc Ferry) poursuit un démantèlement de l’Université publique à tous niveaux entamé en 1998 avec les accords de Bologne qui marquaient l’adaptation de l’enseignement supérieur à la logique de marché. La volonté est d’« harmoniser » les universités d’Europe ; et dans une Europe du capital et des patrons, l’harmonisation se fait au service du capital et des patrons. Par « donner aux universités leur autonomie » c’est une privatisation à peine cachée qui s’instaure. L’UNEF, syndicat majoritaire proche du PS, s’est aplatie et a bien rempli son rôle de « partenaire » en négociant la paix sociale pour la rentrée, se gargarisant d’avoir empêché une sélection entre la 3ème et la 4ème année et le maintien des frais d’inscription tels quels, sans l’augmentation induite par une autonomie financière. Des victoires d’apparence qui ne combattent en rien cette loi sur le fond : une université adaptée au marché est une université où la rentabilité et la compétitivité sont les critères prioritaires, sacrifiant définitivement, par exemple, tout enseignement critique de qualité au profit d’un formatage via des formations professionnalisantes en rapport direct avec les besoins des patronats locaux. Le semblant de service public d’enseignement supérieur loin d’être la panacée nous préservait tant bien que mal de cette logique qui va impliquer une mise en compétition des universités entre elles. Les principaux intéressés, les étudiants ainsi que les personnels enseignants et non-enseignants, dont la précarisation des statuts sera accentuée par la loi, devront s’en remettre une nouvelle fois à la lutte sur le terrain social, loin du parlementarisme et du débat politicien plus que jamais ennemis de celles et ceux qui luttent pour une université gratuite, égalitaire, critique et émancipatrice, mille lieues à l’opposé de ce qu’institue cette réforme.

A l’exemple des grèves étudiantes en Grèce, les étudiants ont encore une forte capacité de mobilisation, et les dernières luttes étaient porteuses d’une radicalité incontestée et affichaient de réelles velléités autogestionnaires. Pour la rentrée sociale, la jeunesse devra retrouver le chemin des luttes. Il y aura une véritable nécessité d’unir les revendications et de créer des convergences avec le monde du travail qui lui devra répondre aux différentes attaques estivales du gouvernement : limitation du droit de grève, suppressions d'emplois massives, santé..etc. Face aux agressions répétées de l’Etat et du capital, étudiants, salariés, précaires nous devons faire preuve de solidarité et de détermination. Pour obtenir ce que nous voulons la seule arme des étudiants et des travailleurs reste la grève avec blocages et occupations.

Relations Extérieures de la Coordination des Groupes Anarchistes