jeu 30 décembre 2010

Camps No Border de Bruxelles: une nouvelle étape dans un réseau qui se passe de frontières

CGA

Du 25 septembre au 3 octobre 2010, s'est tenu dans Bruxelles un camp No Border1. Les camps NoBorder se tiennent le plus souvent à proximité des points de passage des frontières : Calais vers l'Angleterre, Lesbos vers l'Europe, la frontière entre le Mexique et les États-Unis, etc. Cette fois-ci c'était dans une “capitale” de l'Union Européenne, là où se construisent et se décident de manière centralisée la fermeture et la militarisation des frontières. Pendant une semaine, c'est jusqu'à 1000 personnes qui sont venues de toute l'Europe et d'au-delà pour lutter contre les frontières, pour la liberté de circulation et d'installation. Et même si l'étiquette politique n'était pas demandée à l'entrée, il n'est probablement pas abusif de dire qu'il s'agissait d'un des plus grands rassemblements d'anarchistes, en dehors des contre-sommets dont le camp se différencie d'ailleurs parce qu'il ne se cale pas sur l'agenda des puissants.

 

Informations & actions contre les frontières

Au cours de la semaine, les différentes déclinaisons thématiques des luttes contre les frontières ont été discutées : politiques migratoires européennes & militarisation des frontières, centres de rétention & déportations, capitalisme & migrations, clandestinité & luttes des migrants, extensions des politiques frontalières européennes, etc.

L'activité du camp a aussi été rythmée par les actions annoncées ou secrètes contre les frontières. Parmi beaucoup d'autres : manifestation contre un centre de rétention le 26/09, tour d'information sur Bruxelles sans-papiers (tribunaux, office du droit d'asile, églises occupées, etc.) le 27/09, manifestation d'information au quartier le 28/09, manifestation dans la manifestation contre l'austérité organisée par les syndicats et blocage d'une réunion de Frontex, l'agence européenne en charge de la militarisation des frontières le 29/09, action de souillage du siège de Sodexo Bruxelles, tentative de manifestation non-déclarée et attaque d'un commissariat pour protester contre sa répression insensée le 01/10, manifestation NoBorder le 02/10 qui a rassemblé au moins 1300 personnes.

 

Le masque de la “démocratie” est encore tombé, son visage est hideux

Comme c'est le cas à chaque fois que se rassemblent des contestataires plus ou moins radicaux des politiques étatiques, la répression a été violente. Les chevaux qui chargent et blessent dès la première manifestation, les barbelés qui ferment les bâtiments publics, la matraque bien sûr, les violences lors des arrestations et dans les commissariats. C'est une bonne leçon d'internationalisme : les flics belges, réputés plus “tranquilles”, sont bien les mêmes qu'ailleurs. S'ajoute à ça l'usage de la détention préventive - au bon vouloir de la police - tout au long de la semaine pour empêcher des centaines de personnes de rejoindre manifestations et actions. C'est même une véritable police de la pensée qui réprime, se permettant même de nous interdire de participer le 29 septembre à la manifestation contre l'austérité avec une banderole contenant un A cerclé parce que “c'est contre la démocratie”. Le même jour, c'est une autre leçon que nous avons reçue lorsque nous avons été arrêté-e-s sans raison, en masse et violemment : des milliers de personnes de toute l'Europe sont passées à côté de nous sans protester, obéissant sagement à leurs petits cadres syndicaux qui leur demandaient de ne pas s'en occuper.

 

Autogestion pour l'abolition des frontières

Le fonctionnement autogestionnaire du camp a été excellent, c'est la peine de le souligner. En plus des équipes logistique, communication, juridique, etc. il s'est organisé partiellement en “barrios”, c'est à dire des regroupements à l'initiative des participant-e-s selon la localisation dans le camp ou des thèmes comme les véhicules, le féminisme, etc.

Une préparation débutée bien en amont et profitant de l'expérience et des contacts pris lors du camp NoBorder de Calais en 2009 a permis de tirer parti des structures déjà existantes à Bruxelles et ailleurs : indymedia, squats, cinéma, salles de spectacle, organisations de sans-papiers ou qui soutiennent leurs luttes, radios en continu et sur les ondes à Bruxelles et à Paris, journal, etc.

http://www.noborderbxl.eu.org/spip.php?article7&lang=fr