lun 1 mars 2010

Calais : Mobilisation sans fontières

IAL

Organisé par des militantEs françaisEs, belges et britanniques, le camp NoBorder a réuni jusqu’à 500 per­son­nes à Calais fin juin. Pour le collectif organisateur, il s’agissait de faire parler au maximum de la situation des réfugiéEs à Calais, de faire progresser le mot d’ordre de liberté de circulation et d’installation, et de mobiliser durablement des militantEs sur ce sujet à Calais.

Le réseau No Border est un réseau à l'échelle mondiale, constitué de groupes autonomes luttant pour la liberté de circulation et d'installation et l'égalité des droits pour tous et toutes, dans une perspective anti-capitaliste et anti-étatiste. Les militantEs NoBorder visent les structures (institutions étatiques, supra-étatiques et entreprises privées) de contrôle des migrations, organisent des camps militants près des frontières, manifestent leur solidarité avec les étrangerEs détenuEs, les luttes de travailleurEUSEs, les groupes de migrantEs autonomes.

 

Une mobilisation sous haute

surveillance

L’organisation et la mobilisation pour le camp ont été très perturbéEs par une pré­sence policière inouïe : on a parlé de plus de 3.000 flics et bidasses en tous genres, munis de leur impressionnant attirail de guerre.

Une campagne sécuritaire paranoïaque dans la presse locale avait permis d'isoler les militantEs No border des associations locales – mais aussi d'une partie des réfugiéEs - et d'apeurer la population pour pouvoir tranquillement fouiller, contrôler, arrêter les participantEs au camp, cantonner la grande manif du 27 juin à de grands boulevards déserts.

Pourtant, le camp No Border a enregistré plusieurs réussites : faire passer du bon temps ensemble à de nombreux réfugiéEs avec les habitantEs du quartier (qui ont abandonné pour l'occasion leurs préjugés), faire parler de la situation intolérable à Calais dans la presse et dans les milieux militants internationaux, et encourager ainsi des militantEs d'un peu partout à se mobiliser.

 

NoBorder : de la suite dans les idées

Comme promis, le réseau NoBorder ne s’est pas volatilisé de Calais une fois le camp remballé. Un camping puis un local ont permis à des militantEs venuEs de toute l'Europe de séjourner sur place de quelques heures à plusieurs semaines. Voici donc 9 mois que des militantEs défendant la liberté de circulation et d'installation sont en permanence présentEs à Calais, pour lutter contre la répression des migrantEs et organiser la résistance, non seulement à l'échelle locale mais aussi bien au-delà...

Les actions ont été nombreuses depuis juillet 2009. Malgré cela, le pouvoir en place a continué d'accroître la répression et d'aggraver les conditions de vie de celles et ceux qui ne sont que de passage dans le Calaisis. La destruction de la grande "Jungle" en a été une étape cruciale, mais la résistance directe (information des migrantEs, aide à la confection de banderoles, résistance pacifique à l'évacuation et au harcèlement policier) et indirecte (mobilisations contre la rétention et l'expulsion des Afghans par vols charter) qui en a résulté montre que la mobilisation NoBorder a contribué à tisser les liens entre les groupes et associations mobilisés.

L'hiver 2009-2010 a été une nouvelle fois l'occasion de prouver la barbarie du pouvoir en place, avec les fermetures brutales du local du plan grand froid, la confiscation des tentes des réfugiéEs et ainsi que les chasses à l'homme dans les rues et sous les ponts de Calais par des températures négatives. Cette période a aussi été l'occasion de continuer à structurer la résistance.

A l'échelle locale, les associations de Calais travaillent de plus en plus avec les militantEs NoBorder et reconnaissent sa légitimité, aucune n'étant restée sans réaction face à l'expulsion violente du hangar de la Rue Cronstadt (les militantEs NoBorder ont été violemment expulséEs après 24h de siège d'un hangar dont ils étaient pourtant locataires, car des migrantEs y avaient été hébergéEs une nuit par 0 degré).

A l'échelle internationale, la mobilisation pour les migrantEs de Calais est très forte depuis la Grande-Bretagne (où le réseau NoBorder prend sa source) et des mobilisations régulières y sont organisées pour protester contre les politiques migratoires européennes et en particulier la situation calaisienne ; en Belgique les mobilisations contre les centres fermés se multiplient et un camp NoBorder est en préparation pour fin septembre à Bruxelles; en France des mobilisations sont en préparation pour les prochains mois et le réseau NoBorder se structure.

Encore une fois, nous appelons chacun et cha­cune à s’informer sur la situation à Calais, s’y rendre pour aider les militantEs sur place et à lutter sur tous les fronts contre des politiques migratoires qui prennent les humains pour du bétail au service des logiques marchandes et étatistes!

Ni Etat ni Frontière ! Liberté de Circulation et d'installation !

 

Julien, GDALE

 

 

 http://calaisnoborder.eu.org

 http://lille.indymedia.org

http://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/

noborder-groupelocal-calais@hotmail.fr