Après les plans sociaux de la crise de 2009 voici venu le temps des plans de rigueur de l’après crise de 2010. Les Etats européens se sont engouffrés sans retenue dans la « crise grecque » pour mettre en œuvre des plans de rigueur qui vont tous dans le même sens : diminution de traitements des fonctionnaires, non remplacement des départs à la retraite, augmentation des charges de travail, pressions de toutes sortes, discours culpabilisants…

Chez Continental, chez General Motors, cela devient une habitude : les patrons font du chantage à l’emploi et exigent des salarié-es l’abandon de jours de RTT, le transfert de cotisation retraites des patrons vers les salariés, le gel des salaires, etc. En bref il s’agit pour les exploité-es de travailler plus pour gagner moins sous peine de perdre son emploi. En France le gouvernement nous sort son plan de sauvegarde des retraites : à la clé 2 ans de galère supplémentaire pour tout le monde et des pensions en baisse.

 

L’Etat et les patrons nous font les poches !

 Les journaux de la presse écrite et audiovisuelle se répandent en explications et en analyses techniques qui accréditent toutes les propagandes successives sur le sujet : le financement des retraites serait en danger de faillite à brève échéance. Pourtant il n’y a pas besoin de gratter beaucoup pour constater cette évidence : Patrons et gouvernements s’entendent comme larrons en foire pour faire les poches des salarié-es.

En 2009 ils ont trouvé des milliards par centaines pour sauver les banques et les industriels. En 2010 ils ne sauraient pas où trouver quelques dizaines de milliards pour payer les retraites ? Enfin si ils ont trouvé : il suffit de faire comme d’habitude en se servant dans les poches des salarié-es….

La plaisanterie n’a que trop duré : les patrons et les Etats nous volent en permanence, ils nous réduisent à l’état de chair à produire les richesses qu’ils se partagent. Tout est bon pour nous tondre la laine sur le dos. Le gouvernement continue sans relâche à casser tous les équilibres et les acquis sociaux issus de l’après seconde guerre mondiale. « Du passé faisons table rase » est devenu le refrain préféré du Medef et de ses complices du gouvernement ! Et c’est ainsi qu’une minorité de privilégié-es rackettent, extorquent, abusent, escroquent, asservissent la majeure partie de la population mondiale.

 

Pour un autre futur :

révolution sociale et abolition du salariat, progrès social, entraide, solidarité, égalité économique et sociale, santé et éducation libre et gratuite pour toutes et tous, tels étaient les objectifs qui guidaient les luttes ouvrières commencées au 19ème siècle, des luttes à vocation émancipatrices. L’abolition du salariat et la révolution sociale et libertaire étaient à l’ordre du jour il y a déjà plus d’un siècle. Force est de constater que ces rêves et ces nécessités sont toujours d’actualité : il est urgent de s’organiser pour en finir avec un monde fondé sur les inégalités sociales et économiques. C’est à nous tous et à nous toutes qu’il appartient de nous construire un autre futur.

Le chemin pour y parvenir ne passe assurément pas par les illusions politico-électorales mais par la lutte sociale. La solution n’est pas à rechercher du côté des héritiers du marxisme et de la social-démocratie : les stratégies mises en œuvre par ce courant de pensée ont conduit aux échecs d’aujourd’hui. La lutte des classes ne se nourrit pas du seul constat que le capitalisme est mauvais pour les gens et pour la planète : sans projet politique et social libérateur et émancipateur il n’y a pas d’espoir d’inverser la tendance.

 

JV, Toulouse, août 2010