mer 1 septembre 2010

Arrivera-t-on à Ithaque ?

CGA
« Je ne dois rien, je ne paye pas, tous dans la rue » de Larissa

« Nous sommes sur un chemin difficile, une nouvelle odyssée pour les Grecs, mais... nous connaissons la direction pour l'Ithaque et on a aussi fait la cartographie de la mer... » G. Papandreou

C'est avec ces mots, en direct de la télévision, évoquant «un besoin national», que le premier ministre grec, a demandé l'activation du mécanisme d'aide FMI-UE. Voici quelques unes des mesures « d'aide » :

- attaque aux droits de la jeunesse (apprentissage à 15 ans), salaires inférieurs au SMIC pour les moins 25 ans

- diminution et/ou gel des salaires du public et du privé et sape des conventions collectives du secteur privé

- passage de 8h de travail par jour à 9h ou 10h par jour avec possibilité (si l'employeur le demande) de recours à des heures supplémentaires

- diminution de l'indemnisation du chômage

- augmentation du taux légal de licenciements massifs dans le privé

- diminution de l'indemnisation et diminution du préavis en cas de licenciement

- retraites : hausse de l'âge légal de départ à la retraite, augmentation de la durée des cotisations, diminution drastique des pensions

- restriction du droit d'accès aux prestations de santé pour les travailleurs et les retraités

- privatisations

- augmentation de la TVA (4%) et mise en place d'autres impôts indirects

- nouvelles exonérations patronales

- diminution des dépenses pour l'éducation

- licenciements de tous les contractuels travaillant dans le secteur public, sans embauche de personnel permanent pour les remplacer. Ceci, combiné avec la restriction des budgets, aura pour conséquence la détérioration dramatique des services sociaux (santé, éducation, prestations, environnement etc.)

- diminution importante des emplois considérés comme pénibles.

DSK a beau jeu de rassurer en disant que « Les citoyens grecs ne doivent pas craindre le FMI, il est là pour les aider" mais depuis des mois, la situation du pays est explosive. Dans tous les secteurs de l'économie - agriculteurs, éleveurs, dockers, marins, personnels des médias, personnels du tourisme, pharmaciens, dentistes, bâtiment, avocats, personnels de la santé (médecins, infirmières etc.), personnels des librairies, transports (bus, bateaux, métro, aéroport, trains), téléphonie, banques, essence (camions + proprios), contractuels et précaires de la fonction publique En plus des 5 grèves générales jusqu'au mois de juin, il y a une énorme vague de mobilisations (manifs, grève, blocages etc.).

La classe politique est complètement décrédibilisée; le slogan crié par des milliers de manifestant-e-s « brûlons le bordel le parlementaire » est significatif. La colère vise également les leaders de la (seule) confédération syndicale (GSEE) qui vient de confirmer son rôle de collaborateur en signant avec le MEDEF grec la nouvelle convention collective prévoyant ce que l'accord avec le FMI demande.

Ainsi, dans ce cadre de menace constante de la faillite de l’État, de lavage des cerveaux par les médias, des appels à « faire des sacrifices » et des prévisions des économistes quant à la très certaine faillite de l'économie, les gens ne semblent pas découragés. Il se peut donc que la cartographie soit connue, mais la mer n'est pas du tout tranquille, le dieu Poséidon est en colère et la tempête semble inévitable...