sam 17 mars 2012

Contre les violences et l'impunité policières, riposte libertaire !

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Depuis ce 1er janvier 2012, à Clermont-Ferrand, lorsque nous parlons de « violences policières », nous pensons immédiatement à Wissam et sa famille. Puis, nous pensons à tou-te-s les survivant-e-s de toutes les brutalités policières, trop souvent dans l'incapacité de se faire entendre ou de porter plainte ; d'une part, en raison de leur appartenance à la classe populaire ou à des minorités ethniques isolées et stigmatisées par la propagande xénophobe déversée chaque jour par les grands médias ; d'autre part, car justice et police sont deux services répressifs de l'Etat naturellement solidaires l'un de l'autre.

 

La peine de mort abolie, les policiers conservent le droit de tuer..

nous rappelle Maurice Rajsfus qui, dans son ouvrage intitulé La police et la peine de mort, recense entre 1977 et 2001 environ 200 morts. Aujourd'hui encore, il est difficile d'avoir accès aux chiffres qui recenseraient le nombre de crimes policiers et le nombre de condamnations des policiers impliqués. Mais ce dont nous sommes certain-e-s c'est que les victimes de ces crimes sont majoritairement des personnes issues de l'immigration, majoritairement originaires d'Afrique Noire ou du Maghreb.

 

L'impunité : principal vecteur des violences policières

L'assassinat de Wissam est loin d'être un cas unique et jusqu'à présent, la forme et l'issue des procédures judiciaires encourues contre les flics sont révoltantes : systématiquement, la justice tarde à se prononcer pour finalement minimiser voire écarter la responsabilité de la police. Les procédures sont inadmissibles : vérité censurée, instruction interminable, non-lieu, appel... Bien souvent les plus graves sanctions auxquelles s'expose un policier assassin sont le sursis ou la simple mutation ! L'injustice est de taille, sans évoquer les souffrances auxquelles les familles et les proches des victimes sont livrés : l'impunité de fait rendant le deuil impossible. Quant aux survivant-e-s des violences policières, lorsqu'ils et elles parviennent à porter plainte, ils et elles sont accusé-e-s « d'outrage et rébellion ».

 

La politique de l’état : criminaliser les plus faibles

Les violences policières sont loin d’être des pratiques « déviantes » ou « marginales » comme tentent de nous faire croire les médias et les politicien-ne-s, elles ont été encouragées et institutionnalisées progressivement sous les gouvernements de droite comme de gauche. Elles s'appuient sur des pratiques, enseignées dans les centres de formation de la police, et continuent de tuer. Les lois sécuritaires (LSQ, LSI, Perben I et II, Loppsi 1 et 2…) ne font que criminaliser les plus pauvres, et ont permis d’instaurer une justice à deux vitesses au détriment des classes populaires. Chaque loi sécuritaire (de gauche comme de droite) votée a été un «  feu vert » de plus donné aux violences policières.

 

La police protège l'accaparement des richesses par une minorité

Dans toute société de classes, ici comme ailleurs, la fonction fondamentale de l'appareil d'Etat est de protéger la bourgeoisie et la propriété privée en réprimant la misère engendrée par le capitalisme et le manque de mesures sociales. Ce sont les pauvres qui deviennent les coupables d'un système dont ils sont en fait les principales victimes.

 

Aux violences visibles, physiques et morales, s'ajoute donc la violence structurelle et symbolique de l'État qui jouit d'un pouvoir arbitraire et excessif au service de la classe dominante, face auquel l'individu-e seul-e est impuissant-e. C’est pourquoi, nous, communistes libertaires, sommes convaincu-e-s que la lutte contre les violences policières sera sans fin tant que nous ne lutterons pas pour l’élimination de l’injustice et de toutes formes d’oppression de façon collective par l’autogestion et la fédération de toutes les luttes sociales. Un mouvement social global et autogéré qui pourra alors constituer l’embryon d’une société sans classe et sans état et donc sans force de répression : une société libertaire

 

Refusons de fermer les yeux !

Contre la multiplication des lois sécuritaires, organisons la riposte sociale !

 

Webographie:

http://quefaitlapolice.samizdat.net/

http://resistons.lautre.net/

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