sam 15 mars 2014

La lutte contre le patriarcat continue !

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Texte lu par la CGA63 lors du rassemblement du 8 mars dernier.

Aujourd’hui on assiste a un recul considérable des droits des femmes. Une étape majeure de l'offensive patriarcale et réactionnaire est franchie dans un pays de l’Europe, l'Espagne, avec l'interdiction de l'IVG. En réalité ce à quoi nous assistons c'est à une attaque progressive lancée contre l'ensemble des conquêtes des mouvements d'émancipation des oppriméEs, dont le mouvement féministe. 
Dans cette offensive lancée contre la liberté des femmes, l’État s'appuie sur les institutions religieuses, qui jouent alors un rôle de catalyseur politique. L’Église catholique espagnole a ainsi joué un rôle de premier plan dans la campagne anti-avortement qui a abouti à la loi Rajoy. Les autres institutions religieuses ne sont pas en reste. Partout, les idéologies religieuses soutiennent en effet l'ordre patriarcal présenté comme une « volonté divine ».
Aujourd’hui les attaques contre les droits des femmes s'inscrivent dans une volonté d'offensive patriarcale généralisée en Europe, soutenue par l'ensemble des forces réactionnaires. C'est donc un enjeu fondamental pour l'ensemble des femmes d'Europe, de mettre un coup d'arrêt à cette offensive.

Nous devons tout mettre en œuvre pour développer la solidarité internationale et soutenir toutes les luttes féministes qui peuvent se développer ici ou là.

Car c'est bien par la lutte, et seulement lutte après lutte, que le patriarcat pourra un jour tomber définitivement dans les poubelles de l'histoire.
On ne peut aménager le patriarcat par des réformes, institutionnelles ou autres. La destruction du patriarcat ne viendra que de la révolte de celles et ceux qu'il opprime.
Le discours que nous servent les pouvoirs en place et les médias au sujet de la condition féminine vise à masquer les très réelles inégalités persistant entre les sexes, mais aussi entre les classes. Le « débat » sur la parité a bien montré que se focaliser sur les seuls rapports de sexe et s'attacher aux seuls symboles ne permettait en rien de régler le fond du problème de la domination masculine. La condition des femmes ne changera vraiment que dans le cadre d'un changement global de société.
Nous soutenons la revendication d'une égalité des salaires entre les sexes plutôt que la recherche d'une parité hommes-femmes dans les structures hiérarchiques, au sein du patronat ou la classe politique ; nous privilégions la mobilisation sociale dans la rue afin d'obtenir la liberté de choix : contraception libre et gratuite pour tous et toutes ainsi que l'avortement libres et gratuits pour toutes. En effet, remettre les signatures d'une pétition à des autorités hyper-masculinisées est une forme de lutte qui nous semble beaucoup moins pertinente.
Nous défendons la nécessité d'une lutte féministe qui soit à la fois antipatriarcale et anticapitaliste. Le patriarcat et le capitalisme s'alimente l'un l'autre, ils sont les deux pieds sur lesquelles se dresse notre oppression et on ne peut espérer abolir l'un sans abolir l'autre.

Nous réaffirmons donc ici notre solidarité avec toutes celles et tous ceux qui protestent contre toutes les offensives réactionnaires ainsi que notre volonté de changer la société pour en finir avec toutes les formes de dominations et de privilèges, pour une société égalitaire et libertaire.